De la science des matériaux à la résilience des entreprises
À l’image de l’énergie stockée dans la zone élastique d’une courbe contrainte–déformation, les entreprises peuvent absorber des chocs et se rétablir sans dommages permanents. Cette page interprète la résilience organisationnelle à travers une perspective de science des matériaux.
Une approche interdisciplinaire de la résilience
La science des matériaux explique l’absorption d’énergie et le rétablissement via des notions comme la limite d’élasticité, la ténacité et la ductilité. La même logique peut être appliquée aux processus de réaction et de reprise des entreprises en période de crise. Cette analogie rend la résilience organisationnelle plus concrète et mesurable.
Résilience en science des matériaux
Les matériaux stockent de l’énergie sous une charge externe. Lorsque la charge est retirée, la partie élastique de cette énergie est restituée et le matériau retrouve sa forme initiale. La résilience est définie comme l’énergie stockée jusqu’à la limite élastique sur le diagramme contrainte–déformation.
- Résilience : énergie stockée jusqu’à la limite élastique
- Ténacité : énergie totale stockée jusqu’à la rupture
- Ductilité : capacité de déformation plastique avant rupture
Résilience en entreprise
Pour les entreprises, la résilience face à des crises et interruptions imprévues signifie :
- Pouvoir survivre
- S’adapter rapidement
- Maintenir les opérations
- Revenir au niveau de performance initial
- Et même ressortir renforcée de la crise
Tout comme un matériau capable de revenir depuis la zone élastique, les entreprises qui se rétablissent sans dommages permanents présentent une forte résilience.
Diagramme contrainte–déformation et courbe de vie de l’entreprise
Sur le diagramme contrainte–déformation, la zone élastique représente la zone sûre où le matériau peut revenir. Dans cette zone, le matériau stocke et restitue de l’énergie ; au-delà, une déformation permanente commence.
Du point de vue de l’entreprise :
- Zone élastique : structure d’entreprise pouvant se rétablir rapidement malgré les chocs, sans dommages durables même si les processus sont perturbés.
- Limite d’écoulement : seuil de tolérance de l’organisation. Au-delà, les processus commencent à subir des dommages permanents.
- Rupture : perte de la continuité d’activité, dommages durables à la réputation et à la structure financière.
La conception d’entreprise orientée résilience vise à maintenir l’organisation autant que possible dans la zone élastique et à gérer les risques avant d’approcher la limite d’écoulement.
Correspondance entre propriétés des matériaux et caractéristiques de la résilience organisationnelle
Résilience
Matériau : énergie stockée jusqu’à la limite élastique.
Entreprise : capacité à revenir sans dommages permanents, même en cas de baisse de performance durant la crise.
- Processus flexibles et scénarios alternatifs
- Plans de crise activables rapidement
- Gestion des risques prospective
Ténacité
Matériau : énergie totale stockée jusqu’à la rupture.
Entreprise : capacité à rester debout même lors de crises prolongées.
- Coussins financiers et fonds d’urgence
- Sources de revenus diversifiées
- Scénarios long terme et stress tests
Ductilité
Matériau : capacité de déformation plastique avant rupture.
Entreprise : capacité à s’adapter en repensant le modèle économique et les processus.
- Transition rapide vers de nouveaux modèles économiques
- Capacité de digitalisation et d’automatisation
- Requalification des employés
Matériaux et entreprises à forte résilience
Les aciers à ressort, les alliages de titane, les composites et les élastomères se distinguent par leur forte résilience.
Les organisations à forte résilience présentent les caractéristiques suivantes :
- Plans de secours et fournisseurs alternatifs pour les processus critiques
- Flexibilité financière et flux de trésorerie solide
- Sauvegardes numériques et cyber-résilience
- Politiques de soutien aux employés en période de crise
Exemple d’application : acier à ressort et gestion de crise
Les ressorts sont des éléments capables de stocker un maximum d’énergie dans la zone élastique et de restituer cette énergie lorsque la charge est retirée.
Une approche similaire pour les PME :
- Plans d’action définis à l’avance pour les périodes de crise
- Une approche équilibrée entre planification financière et gestion de la chaîne d’approvisionnement
- Apprendre de la crise et saisir l’opportunité d’en sortir renforcé
Résilience, durabilité et préparation à l’avenir
La résilience est, comme pour les matériaux, un indicateur clé de sécurité, de durabilité et de compétitivité pour les entreprises. En tant qu’équipe EEN, nous accompagnons les PME et les organisations afin qu’elles deviennent plus flexibles, mieux préparées et plus résilientes face aux crises.